Problèmes d’attention, de motivation, d’organisation ? Et si c’était un TDA/H ?


« Je n’arrive pas à m’organiser »
« Je ne sais travailler que dans l’urgence »
« Je ne peux pas m’arrêter de penser »
« Je commence trop de projets sans les finir »
« J’oublie mes rendez-vous »
« Je peux passer des jours dans le brouillard, puis m’absorber dans un projet et oublier de manger »
« Je suis vulnérable aux addictions »

Ces plaintes, couramment entendues par les coachs, peuvent concerner tout le monde. Lorsqu’elles se combinent avec une attention et une motivation fluctuante, des problèmes d’impulsivité et une hyperactivité mentale (pensées qui filent et défilent…) ou physique (agitation, besoin de bouger, de commencer mille activités), on peut évoquer un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (abrégé TDA/H).

Le TDA/H, un trouble ou une chance ?


Ce diagnostic en hausse chez les enfants, et maintenant chez les adultes, peut correspondre à une déficience grave, et mener à l’échec scolaire, professionnel et scolaire en l’absence de prise en charge. Pourtant, les manifestations du TDA/H peuvent se transformer en avantages si elles sont gérées correctement, grâce à un accompagnement adapté. L’objectif n’est certainement pas de « débarrasser la personne de son TDA/H » ou de l’en « guérir ». Le TDA/H n’est pas une maladie. Le TDA/H correspond à un fonctionnement neurologique différent de la moyenne, qui peut devenir un avantage s’il est bien compris et bien géré. En voici quelques exemples :

Les personnes à TDA/H ne sont pas incapables de se concentrer, elles ont besoin, pour y parvenir, d’être très motivées : par un sujet qui les passionne, par un sujet nouveau, par une urgence… Elles vont alors paradoxalement se concentrer plus que les autres (hyperfocalisation). Elles ont donc du mal à gérer certaines tâches de la vie quotidienne et à gérer des projets sur la durée : elles vont devoir apprendre à en tenir compte et à trouver une organisation adéquate, par exemple en sachant s’organiser et déléguer. Ainsi libérées, elles déploieront des ressources hors du commun sur ce qui leur plaît vraiment.

Selon le modèle du professeur Russell Barkley, les personnes à TDA/H souffrent d’un problème de l’autocontrôle, d’où notamment leur impulsivité. Elles ont ainsi du mal à inhiber certaines de leurs réactions spontanées ou automatiques, ce qui peut leur causer des déboires amusants (faire une « gaffe » dans une réunion) ou tragiques (démarrer trop vite à un STOP et terminer dans un camion). La mise en place de stratégies spécifiques peut permettre de repérer cette impulsivité et de la contrôler dans la vie quotidienne, là où elle peut être dangereuse. Il n’en restera alors que le côté positif : la créativité est en effet directement liée au manque d’inhibition au sein du cerveau. Dans un cerveau « bien contrôlé », les idées atypiques, les intuitions créatives venues de l’inconscient sont filtrées comme étant « absurdes » avant même d’arriver à la conscience. Dans un cerveau créatif, par exemple de type TDA/H, elles ne sont pas inhibées et parviennent à la conscience, qui peut alors décider de les éliminer… ou d’en faire le thème du prochain Nobel, ou tout au moins une super idée de dessert pour l’anniversaire de Tante Lucie.

Quant à l’hyperactivité, si elle peut être difficile à gérer dans un travail sédentaire et sans challenges, elle se transformera en dynamisme et en énergie dans un travail physique, créatif, à responsabilités, nécessitant de prendre des initiatives et d’être réactif.

Coacher les profils atypiques


Coacher les personnes présentant les manifestations du TDA/H ou une surdouance est un défi : elles vont vite, sont en demande de nouveauté permanente, ont du mal à s’investir dans la durée s’il n’y a plus de nouveau challenge à leur hauteur. Plus encore que d’autres, elles souffrent de faible estime de soi, de motivation fluctuante, de procrastination, ont du mal à planifier, à établir des priorités, à opérationnaliser leurs idées en action. C’est le syndrôme de l’Albatros : riche de milliers d’idées, d’un potentiel hors du commun, elles se sentent capables de voler dans les nuées, mais sur le sol leurs « ailes de géant » les empêchent de marcher ; elles ont l’impression d’être la risée de tous. Heureusement, tous ces défis font partie des domaines d’intervention classique d’un coach, qui est là pour concrétiser le potentiel de ses clients.

On peut même dire, sur la base de l’expérience, que les TDA/H répondent particulièrement bien au coaching, qui est une forme d’accompagnement rapide, ancré dans le concret, et supposant un investissement créatif du coaché. Lors d’une récente conférence internationale, le coaching pour TDA/H a été cité comme la seule stratégie de prise en charge non-médicamenteuse qui fonctionne.

Un bon coach pour personnes à TDA/H doit-il être expert en TDA/H ? Pas nécessairement. Le coaching est une approche d’accompagnement universelle, elle suppose que la personne trouve elle-même ses solutions. Un coach averti en vaut cependant deux… Connaître les particularités du TDA/H va aider le coach à interpréter certaines réactions, certaines difficultés typiques du TDA/H, le coach va ainsi pouvoir aider le coaché à mettre en place des stratégies adaptées et réalistes. Le coach va aussi pouvoir combiner son travail de coach avec un travail de psycho-éducation : il va aider la personne à mieux comprendre les manifestations de son TDA/H et la façon de les gérer.

Et vous, connaissez-vous des personnes atteintes de TDA/H ou de surdouance que le coaching a aidé ou pourrait aider ?