Je ne peux pas m’empêcher de réagir au scandale des « lasagnes à base de cheval ». Rappelons les faits : la société Spanghero, basée à Castelnaudary, a fourni à Findus des lasagnes pur boeuf… à base de viande de cheval. Et personne ne s’en est rendu compte, pendant très longtemps.

Ma première réaction, avouons-le, a été un peu décalée. Moi qui ai travaillé dans des pays d’Asie et d’Afrique extrêmement pauvres, je n’ai pas pu m’empêcher de penser « Nous sommes encore un pays riche, où le scandale, c’est de manger du cheval, alors que plus de 900 millions de personnes sur Terre, dont une moitié d’enfants, souffrent de malnutrition… ». Et j’avoue, comme d’autres consommateurs interviewés au journal TV, être choquée à l’idée qu’une fois de plus, comme toujours dans ce genre de polémique, des tonnes de nourriture vont être jetées à la poubelle.

Manger, une affaire de coeur, pas que d’estomac

Ceci dit, il y a bien eu tromperie. De nombreuses personnes (j’en fais partie), et en particulier de nombreux enfants, n’ont pas envie de manger du cheval en raison de leurs relations affectives avec ce noble animal, et c’est bien leur droit. La relation avec la nourriture n’est pas que physique, ce n’est pas qu’une affaire de protéines, lipides et calories, il y entre une grand part d’affect qui a un retentissement énorme sur notre santé morale, et donc physique. Pour vous en convaincre, lisez Mangez en paix, l’excellent livre de Gérald Apfeldorfer, un psychiatre spécialisé dans les troubles alimentaires et le surpoids.

Bio, local et circuits courts, un idéal

C’est en raison de cette relation complexe à la nourriture, qui passe par le symbolique, que nous avons envie de savoir d’où vient le contenu de notre assiette. D’où l’engouement actuel pour l’alimentation bio, locale et les circuits courts qui permettent de recréer un lien entre consommateur et producteur. Même la grande distribution, qui a contribué, par ses exigences d’achats en gros et de baisse des prix, à créer des circuits de plus en plus opaques, revient au « Small is beautiful » en créant des gammes de produits achetés à des producteurs locaux. Dès lors, on ne peut être que choqué par les pratiques de la société Spanghero, qui a surfé sur son image locale (les braves rugbymen de Castelnaudary) tout en mettant dans nos assiettes du « n’importe quoi » issu de n’importe où, n’importe comment.

En savoir plus : le Gabb32 (Groupement des agriculteurs biologiques et biodynamiques du Gers) organise le 5 mars une conférence « De la fourche à la fourchette :alimentation des Hommes et santé des territoires », 18h30 Salle des Cordeliers à Auch.

L’éducation alimentaire des enfants

Et les enfants dans tout ça ? Plus que jamais, dans ce contexte, l’éducation alimentaire s’impose. Les enfants, les ados, les jeunes sont la cible d’un matraquage publicitaire remarquable, visant à exploiter leurs goûts pour le sucre, les couleurs vives et les personnages de fiction, et leur faire avaler des produits Frankenstein à base d’additifs, colorants, releveurs de goûts… Des produits qui les poussent à consommer trop de sucre et les amènent vers le surpoids, tout en renforçant d’éventuels problèmes de comportement.

Alimentation et comportement des enfants

En effet, l’excès de sucre rapide, en provoquant des alternances d’hypoglycémie / hyperglycémie, crée des sautes d’humeur et de l’agressivité. Ainsi, dans les prisons américaines, une expérience a montré que la réduction des « snacks » et autres « junk-food » (barres chocolatées, sodas, chips…) permettait de réduire de près de 40% le nombre d’incidents violents ! De nombreux additifs, notamment certains colorants, ont un effet sur le système nerveux et sont soupçonnés de renforcer les troubles de déficit d’attention/ hyperactivité (TDAH).

Manger et cuisiner bio en colonie de vacances

Alors, cCuisiner bio avec les enfants en colonies de vacanceset été à l’Aube du Chêne, comme chaque année, nous aurons le plaisir d’inviter les enfants à récolter les légumes de notre beau potager bio. La douceur de l’hiver nous a déjà permis de semer salades, oignons, aubergines, radis, carottes, céleri-rave et les premières tomates, qui devraient être prêtes en juillet pour nos première colonies… Après la récolte viendra la cuisine. Les enfants adorent mettre la main à la pâte et ils auront le plaisir de cuisiner salades, tagines et ratatouilles avec nous, en apprenant à faire de bons menus équilibrés… et quelques gâteaux et confitures à base des fruits du verger. Et les seuls chevaux qu’ils verront à l’Aube du Chêne seront dans les prés, pas dans l’assiette !