Le soleil est enfin revenu après ce printemps très perturbé, et avec lui arrive… notre premier chèque versé par EDF  ! Après de longs mois d’installation et quelques péripéties administratives, notre installation d’énergie solaire photovoltaïque est entrée en production il y a un peu plus d’un an. Nous avons donc pu émettre notre première facture en tant que producteur d’électricité, et EDF vient de nous faire un premier versement.

J’y vois le symbole d’une nouvelle société, écologique et collaborative.

Jusqu’ici, chaque citoyen se contentait de consommer de l’énergie, et en particulier de l’électricité, sans trop se demander d’où elle venait. Et puis les écologistes et autres experts en environnement ont commencé à alerter le public sur les conséquences de la consommation mondiale d’énergie : déplétion des réserves de carburant fossiles, conflits sur le contrôle des puits de pétrole, risques liés au nucléaire, et surtout, sans aucun doute la pire des menaces qui pèse sur l’humanité aujourd’hui, la dégradation du climat.

Dorénavant, la survie de notre civilisation dépendra de sa capacité à remplacer des sources d’énergie dangereuses (charbon, pétrole, gaz et nucléaire) par la seule source inépuisable et sans danger : le soleil. Une source d’énergie répartie de manière relativement équitable : les pays du Sud peuvent en bénéficier de manière directe, en captant le rayonnement solaire, et les pays du Nord de manière indirecte, en captant l’énergie du vent, issue de celle du soleil puisque ce sont les différences de température qui font bouger les masses d’air. Une source d’énergie dont l’exploitation crée de nombreux emplois non délocalisables. Il y a en effet environ 10 fois plus d’emplois créés par kilowattheure d’électricité solaire que d’électricité issue de centrales à charbon ou nucléaires. Et si aujourd’hui les cellules des panneaux solaires photovoltaïques sont importées de Chine, celles qui sont sur mon toit ont été assemblées en panneaux dans une usine de Toulouse, et installés par une petite entreprise d’Aire sur Adour dans les Landes, tout près du Gers.

Aujourd’hui il est courant de voir des terres agricoles remplacées par des panneaux solaires. Un gaspillage absurde de terres agricoles ou forestières, alors qu’il existe en France des millions d’hectares de toits et de surfaces goudronnées (routes, parkings…) qui reçoivent du soleil toute l’année sans que cette énergie soit captée. Nous avions la chance, à l’Aube du Chêne, de disposer d’un vaste bâtiment d’habitation exposé au Sud, sur le site où nous recevons nos colonies de vacances et séjours pour enfants… Et qui a pu ainsi être couverts de panneaux photovoltaïques par EDF ENR. Chaque citoyen, chaque entreprise qui dispose d’un toit orienté au Sud peut ainsi devenir producteur d’électricité.

Comment devenir producteur d’électricité solaire en réseau

Comment ça marche ? Dans un premier temps, EDF ENR fera un diagnostic de votre bâtiment et de sa capacité de production d’électricité solaire en fonction de la surface du toit, de son orientation, de la proximité ou non d’arbres… Vous recevrez alors un devis pour l’installation (compter entre 5 et 8000 euros par mètre carré de panneau selon la superficie et les conditions). Cette installation peut être financée par un prêt, et pendant les 10 première années de production vos revenus de producteur d’électricité serviront à rembourser vos mensualités. Donc, inutile d’en espérer des revenus à court terme. En revanche, au bout de 10 ans, vous commencez à engranger des revenus : à titre indicatif, environ 500 euros par mètre carré de panneau, selon l’ensoleillement et le tarif de rachat consenti par EDF.

Mais pourquoi revendre l’électricité à EDF, pourquoi ne pas l’utiliser soi-même pour être autonome ? Cette option est en fait assez peu écologique et de plus très coûteuse.

Pour être autonomes avec des panneaux solaires photovoltaïques, il faut stocker de l’énergie. En effet, pendant la journée, vous allez produire plus d’énergie que vous n’en consommez, et la nuit, vous risquez d’en consommer (chauffage, frigo, ampoules…) sans en produire. Il faut donc stocker cette énergie, en général dans des batteries, ce qui engendre des pertes (30% de l’électricité est perdue au stockage et autant au déstockage) et nécessite de s’équiper avec des batteries coûteuses et assez peu écologiques (elles sont bourrées de composants chimiques polluants et compliqués à recycler).

Si vous êtes producteur en réseau, EDF revend votre électricité à l’utilisateur le plus proche : donc, vous en premier lieu. Donc en pratique, vous êtes donc bien autonomes en électricité : pour notre part, nous produisons plus d’électricité que nous n’en consommons. L’excédent est fourni à votre voisin le plus proche, etc. La nuit, lorsque vos panneaux solaires ne produisent rien, c’est le réseau qui vous fournit en électricité. Ce n’est pas une solution idéale car cela veut dire que la nuit nous utilisons l’électricité de la centrale nucléaire de Golfèches… mais c’est un premier pas vers une société dénucléarisée : plus il y aura de producteurs d’énergie renouvelable, plus on pourra trouver des arguments pour arrêter et démanteler ces centrales dont Fukushima nous a rappelé le danger.

Sur le plan économique, la production d’énergie solaire en réseau est possible pour le particulier parce que EDF rachète l’énergie à 42 centimes le kWH (tarif variable selon l’année à laquelle vous installez vos panneaux et hélas plutôt en baisse) et vous la revend à 11 centimes. Cela donne une idée du vrai prix de l’énergie.

Demain, tous producteurs d’énergie ? Oui, espérons-le…