Et si le TDA/H, trouble déficit d’attention avec ou sans hyperactivité, cessait d’être une maladie, un diagnostic infâmant dont on affuble certains enfants, ados et adultes atypiques, pour devenir une chance à saisir dans un monde fait pour eux ?

Telle est la thèse défendue de manière claire et agréable à lire dans le dernier livre du Dr Dominique Dupagne, Le Retour des zappeurs.

Résumé et commentaires en 4 points-clés :

le retour des zappeurs couvertures

 

 

Zappeurs, TDAH, qui sont-ils ?

Zappeur, TDAH, une adaptation à la modernité ?

Le TDAH, c’est la faute à l’école ?

On fait comment, quand on est un zappeur / TDAH ?

Les zappeurs, des TDA hyperactifs et rebelles à l’ennui

Le TDA/H c’est quoi ?

Petit rappel pour ceux qui ne sont pas familiers avec le TDA/H. Ce « Trouble déficit d’attention avec ou sans hyperactivité », est décrit dans le DSM-5, la bible des psychiatres américains, comme “un mode persistant d’inattention et/ou d’hyperactivité/ impulsivité, plus fréquent et plus sévère que ce qu’on observe habituellement chez des sujets d’un même groupe d’âge”.
Le TDA/H n’est diagnostiqué en France que depuis 10 à 20 ans, et principalement chez les enfants, les diagnostics d’adultes restent rares, d’autant plus qu’à l’âge adulte les symptômes deviennent plus discrets, moins typiques (mais tout aussi pénibles à vivre). Comme on le verra, certains contestent même son existence. Pourtant, les psychiatres l’ont décrit sous d’autres noms depuis plus de 200 ans, et on le retrouve bien avant dans la littérature : Le Distrait de La Bruyère, L’Etourdi de Molière).
Il est défini par le DSM-5 comme un dysfonctionnement neuro-développemental, donc un trouble neurologique qui se met en place au cours du développement de l’enfant, avec une combinaison de facteurs liés à la génétique, l’environnement et l’éducation.

Le TDAH ça existe vraiment ?

L’existence du TDAH reste controversée, surtout chez les psychanalystes. Le Dr Patrick Landman s’est ainsi illustré par un ouvrage qui explique que tout ça, ce sont des inventions pour nous faire gober du Méthylphénidate (Ritaline, Concerta, Quasym), un psychostimulant qui, paradoxalement, apaise les hyperactifs.
Ainsi, en caricaturant à peine, pour les psychanalystes la cause est entendue : l’hyperactivité, les troubles de l’attention, c’est la faute des parents, de la société, etc. Ils ont fait le même coup pour l’autisme, avec les dégâts qu’on connaît.

La vision de la médecine 2.0

Avec Le Retour des zappeurs, c’est un autre médecin, généraliste celui-ci, qui vient lancer sa pierre dans le débat houleux sur le TDA/H. Le Dr Dominique Dupagne est un habitué de la vulgarisation. Il gère depuis 2000 le site www.atoute.org, qui regroupe des forums médicaux et des articles sur la pratique, l’enseignement et l’éthique de la médecine. Il prône la médecine 2.0, c’est-à-dire la fin du rapport « médecin sachant, patient passif ». Il préconise un nouveau rapport entre soignants et soignés, dans lequel les derniers participent à la création de connaissance sur leurs maux et leurs remèdes. Rien que pour cela, il m’est sympathique. Car s’il y a bien un domaine dans lequel il semble que le patient a besoin d’être actif dans la compréhension et le traitement de ses « troubles » ou « pathologies » diverses, c’est la psychiatrie. Il ne s’agit pas de modifier le fonctionnement de notre dos, de nos pieds ou de notre estomac, mais de notre cerveau, notre esprit, notre humeur, voire de notre âme.
Ecrit par un médecin iconoclaste, Le Retour des zappeurs se situe plutôt en dehors de la médecine. Le Dr. Dupagne n’aime pas employer le terme de TDAH, qu’il juge inutilisable dans le langage courant. Un bon point pour lui : dire qu’on est bipolaire, anxieux ou dépressif, tout le monde comprend, allez dire dans une soirée « Je suis toujours en retard, mais c’est normal, j’ai un TDAH »…

Le zappeur n’aime pas l’ennui

Il préfère utiliser le terme de zappeur (ou zappeuse), qu’il définit ainsi : « Un hyperactif ou une hyperactive au cerveau en perpétuelle ébullition… qui rêve d’une télécommande universelle pour échapper aux raseurs et à l’ennui ». Finalement, il crée ainsi une sorte de sous-type au sein des TDA/H, en se focalisant sur les hyperactifs. Il existe pourtant aussi des TDA non hyperactifs, qui répondent uniquement aux critères de « trouble de déficit de l’attention ». Si leur cerveau mouline beaucoup aussi, cela ne se voit pas de l’extérieur, ils passent pour des rêveurs plutôt « hypoactifs » selon l’expression du spécialiste Pascal Faure. Evidemment, ces TDA pas H, sont décalés dans une société avide d’action ou tout du moins d’agitation. Le Dr. Dupagne les mentionne en passant, avec l’exemple de Columbo le célèbre détective, il reconnaît que les zappeurs ne sont pas tous hyperactifs physiquement, mais ne s’étend pas sur le cas des hypoactifs.
Ainsi, avec cette nouvelle définition du zappeur, Dominique Dupagne prend « quelques distances avec les critères médicaux définissant le TDA/H. » Pourquoi pas ? Cela a le mérite d’être clair. Pas assez pour certains de ses lecteurs, qui, sur son forum www.atoute.org l’attaquent pour non-respect de la science établie. Le Dr Dupagne répond en clarifiant sa position : son livre est un essai. Donc, il exprime un point de vue personnel, il ne prétend pas faire acte de science consensuelle. Dont acte. Il décrit le fonctionnement des zappeurs sur des critères connus pour le TDAH : aversion pour les tâches de routine et les procédures établies, goût du risque et des sensations fortes, créativité et intuition, tendance à procrastiner pour tout finir en retard dans la panique, recherche de la nouveauté qui rend difficile de mener à bien les projets, etc.

Etes-vous zappeur, zappeuse ? Essayez le Zap Test

Zappeur ou TDAH ? Le livre du Dr Dupagne faitLe Dr. Dupagne propose même son propre test, le zap test, pour savoir si vous êtes un zappeur ou une zappeuse. Il est le seul à proposer un test différent pour les hommes ou les femmes. Bon, il reste moderne : le test masculin envisage, comme le test féminin, la possibilité que le zappeur fasse un gâteau. Par contre, seul le test masculin envisage la possibilité que le zappeur, mais pas la zappeuse donc, soit capable de « briser violemment un appareil qui refuse de fonctionner ». Cela ne correspond pas à mon expérience personnelle de zappeuse (un téléphone recollé à bout de scotch en témoigne), mais pourquoi pas. Dominique Dupagne a étalonné son test auprès de plus de 300 zappeurs et zappeuses, il doit savoir ce qu’il fait.
En attendant, j’ai eu un score de 912 sur 1150, ce qui fait de moi une super zappeuse. Et peut-être, comme on va le voir, une championne du monde moderne.

 

 

Etre zappeur / TDAH, une maladie ou une adaptation à la modernité ?


 

TDAH et zappeurs, des chasseurs perdus chez les fermiers

Dans le reste du Retour des zappeurs, le Dr Dupagne insiste sur le fait que le TDAH, ou en tout cas le zapping, n’est pas une maladie. Il reprend une thèse déjà connue, selon laquelle cette façon d’être, qu’il définit comme un « caractère », correspond à celle des chasseurs ou des guerriers. Ainsi, les zappeurs et les zappeuses s’étiolent dans un monde de fermiers, fait pour la régularité, qui est le nôtre depuis environ 10 000 ans avec l’invention de l’agriculture et son corollaire, la sédentarité.
L’hyperréactivité des zappeurs aurait été un avantage dans un monde de chasseurs. Leur aversion pour la routine serait devenue un inconvénient par la suite, lorsque « l’Etat et la hiérarchisation de la société ont valorisé des caractères plus dociles, coopératifs et mieux organisés ». Les fermiers sont devenus des « bosseurs patients », qui excellent à suivre les protocoles.
Cette thèse est soutenue par des recherches en génétique : une variante d’un gène à l’origine du TDA/H, le DRD4, qui code un des récepteurs de la dopamine, est plus fréquent chez les populations de nomades que chez les sédentaires. Ce qui expliquerait notamment la plus grande proportion aux Etats-Unis, pays fondé par des migrants rebelles à l’ordre établi.

Les TDAH, des génies incompris ?

Etant moi-même une zappeuse, comme le Dr Dupagne, j’ai toujours trouvé séduisante cette thèse. La procrastination, la dispersion, l’instabilité émotionnelle, personnelle et professionnelle, c’est peu réjouissant. Il y a quelques années, j’ai lu le livre Da Vinci Syndrome, un des premiers à évoquer les zappeurs / TDAH comme des chasseurs perdus dans un monde de fermiers, des aigles perdus chez les poulets. Bref, des créatifs, des aventuriers coincés dans un monde normatif. C’est toujours agréable à lire, surtout si l’on se compare à Léonard de Vinci, ou aux dizaines d’autres génies, comme Einstein ou Voltaire par exemple, que l’on a diagnostiqués TDAH a posteriori. En psychologie, on dit que ce type de procédé est « renarcissisant ». Il permet de se sentir mieux dans sa peau quand on est atypique.

Le retour ou la revanche des zappeurs

L’optimisme du Dr Dupagne va plus loin. Finalement, le monde d’aujourd’hui signe le retour, voire la revanche de ces zappeurs. Dans le monde industriel pyramidal, ils étaient marginaux en apportant la composante « excentrique, atypique et déviante nécessaire à toute innovation de rupture ». Dans un monde en ébullition, qui fait de l’innovation la norme et de la stagnation la mort assurée, la donne s’inverse en leur faveur.
Il montre comment le traitement de la surinformation numérique convient aux zappeurs : les bosseurs patients ne savent plus où donner de la tête, tandis que les zappeurs s’épanouissent en faisant ce qu’ils aiment faire : surfer sur 3 sites à la fois, lire leurs mails pour maintenir leur vigilance dans une réunion assommante, lire des textes en diagonale…
Il rappelle aussi, avec l’exemple de Nicholas Carr et son article « Est-ce que Google nous rend idiot ? », que ce monde de surstimulation exacerbe les traits TDAH (distraction, hyperactivité, impulsivité) chez tout le monde. Ce qui pose forcément la question : la modernité est-elle bénéfique ou maléfique pour les TDAH ? Est-ce qu’elle leur permet de tirer parti de leur différence, transformant leurs défauts en atouts, ou est-ce qu’elle renforce leurs défauts jusqu’à la caricature ?
Dominique Dupagne ne répond pas vraiment à cette question. Essayons d’y répondre à sa place.

Le zappeur adapté, un TDAH d’élite

Le Retour des zappeurs parle surtout des TDAH les mieux adaptés. Ceux à qui l’intelligence, l’éducation, et des traits TDAH modérés, permettent de s’épanouir dans notre monde agité. Mais il rappelle qu’à côté de cette minorité, le destin du zappeur moderne est souvent sombre : échec scolaire, social, professionnel, conjugal. Il mentionne ainsi en passant ceux chez qui le TDAH est une vraie pathologie, qui terminent « dépressifs, rebelles incompris, toxicomanes, alcooliques ou losers ruinés ». Il pense que leurs enfants auront probablement un meilleur destin. Peut-être. Ou pas. Avoir un bon destin avec des parents toxicomanes, dépressifs, alcooliques et ruinés, c’est possible, mais c’est compliqué quand même. Bref, le zappeur adapté, champion du monde moderne, c’est unTDAH d’élite.
Pour les autres (et, à des degrés divers, pour tous les zappeurs et TDAH), les ennuis commencent à l’école.

Le TDAH c’est la faute à l’école ?

L’école, cauchemar du petit zappeur

calvin et hobbesPour le Dr. Dupagne, ce n’est pas de leur faute. Ce n’est pas eux qui sont inadaptés à l’école, c’est l’école qui ne leur est pas adaptée. Pendant longtemps, le savoir se transmettait par imitation, un mode d’apprentissage intuitif et concret adapté au zappeur. Puis est arrivée l’école obligatoire, indispensable pour fabriquer des sujets adaptés aux besoins du monde industriel, en gros à la fin du 19ème siècle.
Cet apprentissage théorique, normatif, passif, qui nécessite de rester assis pendant des heures, est une torture pour les petits TDAH. C’est le cancre de Jacques Prévert, qui dit non avec la tête et oui avec le cœur. Pour tromper son ennui, sa révolte, il s’agite et collectionne les zéros de conduite. Il collectionne les appréciations du type « Peut mieux faire », qui soulignent le décalage entre son potentiel et ses résultats, ou encore « dissipé » (pour les hyperactifs) ou « Dans la lune » (pour les hypoactifs).
Pas de chance, souligne Dominique Dupagne : un phénomène d’auto-sélection va entretenir ce décalage entre le système scolaire et les petits TDAH / zappeurs. L’école et l’université fournissent le gros des enseignants et des dirigeants, surtout à la tête de l’Etat. Ils vont reproduire ce système hiérarchique, normé, qui leur a bien réussi. Les zappeurs sont brimés par ce système éducatif, conçu pour et par des sujets calmes, attentifs et patients, ceux que le Dr. Dupagne appelle les « bosseurs réguliers ». D’ailleurs, comme il le souligne fort justement, la formation des enseignants se faisait jusqu’à peu dans des écoles « normales ».

 

 

 

La revanche du zappeur à l’école aussi

Aujourd’hui, la relation au savoir change. Les jeunes zappeurs bénéficient des innovations numériques qui leur donnent un accès permanent au savoir, à l’information. Désormais, l’enseignant qui refuse la créativité, qui veut que les élèves donnent SA solution, sont dépassés. Ils essayent de préparer les jeunes à un monde technocratique, administratif, lui-même en perte de vitesse. Dominique Dupagne met ainsi brillamment en évidence ce décalage entre les enfants d’aujourd’hui et un système scolaire hérité d’hier, qui n’a pas évolué aussi vite que le monde. Un décalage, d’ailleurs, qui ne touche pas que les zappeurs / TDAH : tous les enfants atypiques, notamment ceux qui sont considérés comme « haut potentiel/ enfants précoces » mais néanmoins en difficulté à l’école, sont concernés.
A l’école aussi, les zappeurs pourraient voir leur revanche arriver. A condition que l’école s’adapte. Comment ? Ce n’est pas le sujet du livre, mais des pistes sont évoquées : les recrutements parallèles qui permettent à des jeunes « hors normes » d’intégrer les filières d’élite des grandes écoles, ou encore les outils de travail collaboratif en mode « web 2.0. »

Et si les zappeurs / TDAH devaient quand même s’adapter ?

Là encore, cette analyse qui rejette tout le problème sur le dos du système scolaire et des enseignants est un peu optimiste. Je reçois, en séjours de vacances, des enfants TDAH qui ont un gros effort d’adaptation à faire pour pouvoir vivre en groupe, supporter les contraintes du collectif. Même dans des situations d’apprentissage créatif, actif, en pleine nature, ils restent handicapés par leurs difficultés à se concentrer, par leurs réactions impulsives. Imaginer qu’ils s’épanouiront facilement dans une école plus participative est sans doute vrai pour ceux dont les symptômes TDAH (inattentivité, hyperactivité, impulsivité) sont légers. Pour les autres, il restera un gros travail à faire pour apprivoiser leurs réactions, et leur éviter le sort peu enviable des TDAH en échec scolaire, puis professionnel et personnel. Le Retour des zappeurs reste muet sur le sujet. Il aborde par contre le sujet controversé de la médication, qui reste hélas la seule solution pour tant de ces enfants en difficulté.

Bien vivre quand on est zappeur / TDAH

Ritaline et compagnie, les médicaments du TDAH

Dominique Dupagne rappelle la découverte du Méthylphénidate, dénommée Ritaline dans sa première marque commerciale, par un chimiste dont l’épouse s’appelait Rita. Curieusement, le livre qualifie la Ritaline d’« amphétamine stimulante ». Voilà une erreur étonnante pour un médecin, qui devrait savoir que le Méthylphénidate, aujourd’hui commercialisé également sous les marques Concerta et Quasym, n’est pas une amphétamine. Celles-ci sont également utilisées pour traiter le TDAH, aux Etats-Unis principalement, avec plus d’effets secondaires nocifs.
Sur ce sujet controversé de la prescription de ritaline aux enfants, le Dr. Dupagne évite de tomber dans le piège de l’angélisme ou de la diabolisation. Il souligne les limites de la médication, les inquiétudes que pose son usage chez de jeunes cerveaux en formation. Il rappelle néanmoins, pragmatique, que parfois on n’a pas d’autres solutions à proposer pour des jeunes qui vont dans le mur à l’école. Il invite à leur chercher plutôt des formations, des carrières adaptés à leur caractère.

S’allier avec son contraire

Pour les adultes, Le Retour des zappeurs propose une autre piste : le mariage de la carpe et du lapin, ou plutôt ici, du zappeur et du « bosseur patient ». Il illustre avec deux exemples, Steve Jobs et Bill Gates, comment fonctionnent ces deux archétypes de l’entreprise. Il donne des exemples d’alliance professionnelle entre journalistes bosseur et chroniquer zappeur (Pierre Tchernia/Arthur, Philippe Gildas/Antoine de Caunes, etc.), entre créatifs et gestionnaires. Il souligne que les gestionnaires patients ont de plus en plus besoin de ces créatifs pour adapter l’entreprise à un monde changeant, tout comme les zappeurs ne peuvent réussir sans un bosseur patient pour concrétiser leurs idées et tenir la comptabilité.
Enfin, en annexe, il nous propose un « guide de survie au quotidien avec un zappeur et une zappeuse ». Un long chapitre qui exhorte les conjoints de zappeurs et zappeuses à la patience, à la compréhension, et leur propose de les aider à prendre conscience de leurs comportements et les améliorer. Avec un savant mélange de bienveillance et de fermeté : « comprendre les incompétences du zappeur, ne pas accepter son indifférence face aux perturbations qu’elles engendrent dans la vie commune ». Un mélange de bienveillance et de fermeté finalement identique à celui qu’il faut pour élever ou éduquer un enfant TDAH…
Bref, « empathie et exigence de solutions correctives sont les deux piliers d’une bonne relation avec un zappeur. » Ce qui demandera sûrement beaucoup d’amour et d’énergie au conjoint du zappeur, récompensé par la fantaisie apporté par ce dernier ou cette dernière dans la vie du « bosseur patient ».

Conclusion : le siècle des zappeurs / TDAH

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cet essai rapide et bien tourné. Un spécialiste du TDAH y apprendra peu d’éléments nouveaux (ce n’est pas le but), mais la réflexion sur la place des TDAH / zappeurs dans la société d’aujourd’hui est bien posée. Je la trouve convaincante en ce qui concerne les « TDAH favorisés ». En gros ceux qui ont un TDAH pas trop important, plutôt adapté au monde moderne car hyperactif, et qui viennent d’un milieu leur permettant de tirer avantage du monde moderne. L’ouvrage rassurera et redorera le narcissisme, l’estime de soi abîmé des zappeurs, zappeuses et TDAH, et rassurera les parents, conjoints ou collègues prêts à baisser les bras. Sa prophétie, le 21è siècle sera le siècle des zappeurs, détient sûrement une part de vérité. Ce qui est sûr, c’est que la complexité des défis qui nous attendent : crise économique et sociale, clash des civilisations, changements climatiques, demanderont des solutions de rupture. Laisser une place aux iconoclastes de tout poil, zappeurs ou TDAH, c’est se donner plus de chance de les voir émerger. TDAH, arrêtez de zapper, mettez vous au boulot !

Aller plus loin : www.tdah-adulte.org, pour une vision plus détaillée et des solutions pour bien vivre quand on est zappeur.

Résumé et commentaires personnels de Anne Gouyon, Zappeuse et Coach spécialisée dans la prise en charge des enfants, ados et adultes précoces, TDAH et dys.